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3 articles avec documents anciens

Et reprendre l'enquête...

Publié le par Evelyne Guyader-Debrabant

(Image générée par L'IA)

Dans le  billet précédent...

Souvenez-vous..

  1. Une carte postale retrouvée dans le Midi,
  2. Un message inattendu.. qui me parle..
  3. Un destinataire.. surtout..
  4. un nom qui ne m'est pas étranger...

C'était vendredi dernier..

🌿 Le message :

Quelques lignes seulement, presque anodines.

Une histoire de carte postale achetée il y a plus de quarante ans, sur un marché aux puces du Var. Une carte venue de Wahagnies, retrouvée par un couple Hugot installé à Seclin. Lui, natif du village, surpris d’y reconnaître l’écriture de sa propre grand‑mère.

Et au dos, le nom du destinataire : "Debrabant". Le mien. Celui de mon arrière‑grand‑père...

Au-delà de la surprise, à partir de là, j’ai voulu en savoir plus...

🌿 Les premières pistes :

J’ai regardé la carte, relu l’écriture, laissé revenir les noms.

Puis j’ai cherché d’autres cartes postales de Wahagnies, pour retrouver la place, les façades, les cafés.

Une enquête très simple, presque silencieuse : comparer une toiture, un angle de rue, un numéro peint au-dessus d’une porte. Et peu à peu, les images se sont mises à parler.

🌿 Les recensements

Pour avancer, il m’a fallu quitter les images et revenir aux listes. Les recensements de Wahagnies, 1906, 1911.

Des colonnes, des noms, des métiers, des numéros de maison. J’ai cherché les Hugot, les Delannoy, les foyers où les deux apparaissent, les professions qui pourraient correspondre à une commande de liqueurs.

Une lecture patiente, ligne après ligne.

Et peu à peu, un foyer s’est détaché des autres.

Et reprendre l'enquête...
Et reprendre l'enquête...Et reprendre l'enquête...Et reprendre l'enquête...

et.. sur la Grand Place, vit une famille "Hugot-Delannoy"..

Le chef de famille, Victor Hugot (avec un T, et non pas Victor Hugo.. 😉).

Victor est bien "Négociant " patron..

Entretemps, Frédérick a trouvé chez Delcampe, une autre carte postale, avec la précision que je cherchais.. et donc voici...

🌿La confirmation

La confirmation n’est pas venue d’un numéro (celui figurant sur la façade dans l'article VdN), mais du nom des propriétaires.

Sur une autre carte postale ancienne, retrouvée en ligne, la légende imprimée indique clairement : « Magasin Hugot‑Delannoy ».

La façade y est reconnaissable : même alignement de briques, même avancée sur la place, même silhouette. C’est cette mention, posée noir sur blanc par l’éditeur de l’époque, qui lève le doute.

Le magasin de la famille Hugot‑Delannoy se trouvait bien là, sur cette maison précise.

C’est de là qu’est partie la carte du 1er mars 1912.

🌿 Conclusion — Une carte qui retrouve son lieu

Au terme de ces recherches, tout s’est éclairé.

La carte retrouvée dans le Midi, le message inattendu, les recensements, les vues anciennes…

Et surtout cette légende imprimée — Magasin Hugot‑Delannoy et l’estaminet Dievart — qui désigne sans hésitation la façade d’où la carte de 1912 a été envoyée. (l'Estaminet Dievart doit être la bâtisse à droite de la rue)

Un commerce de village, un nom de famille, une écriture qui traverse le temps.

Il y a une quarantaine d'années, la carte, achetée sur un marché du Var, a retrouvé son lieu — et presque sa maison — en revenant dans la famille de son expéditeur.. la famille Hugot.

Et plus d’un siècle après son envoi, elle est revenue, virtuellement cette fois, vers la famille de son destinataire : Edgard Debrabant.

PS : pour "sa maison", il me reste à vérifier l'adresse exacte de mes arrière-grands-parents, à cette époque..

A Seclin, oui, mais rue d'Arras ou rue Philippe de Girard ?

Sur la carte, aucune adresse précise :  mon arrière-grand-père était-il tellement connu à Seclin ?

A suivre ?

Une surprise de 1912 !

Publié le par Evelyne Guyader-Debrabant

..ou retour à l'envoyeur ?

🌿 Le point de départ : un message inattendu

Hier après‑midi, je reçois un message de Frédérick, modérateur du groupe Facebook "photos anciennes de seclin" (sans majuscules, c'est exprès..😉), ces quelques lignes, presque anodines :

«Bonjour, encore une nouvelle trouvaille pour vos archives : Mr et Mme Hugot de Seclin ont acheté il y a un très long moment… plus de 40 ans, une carte sur un marché aux puces dans le Var. Il est natif (Mr Hugot) de Wahagnies — il a donc été surpris de la carte — qui en plus venait de sa propre grand‑mère, qui l’avait envoyée à Mr Debrabant à Seclin. Peut‑être… un ancêtre ? »

Et là, je reste coite. Des "Debrabant", à Seclin, en 1912, ça ne peut être que que les miens

Parce que oui, "Monsieur Debrabant", Edgard Léon Gustave, de son prénom, est un de mes ancêtres. C'est même carrément mon arrière‑grand‑père paternel.

Et cette carte, écrite en 1912, à Wahagnies (Nord), qui a voyagé pendant plus d’un siècle, a traversé les familles, les villages, les brocantes, les régions… avant de revenir à Seclin, que dit-elle qui fait qu'il est certain qu'elle était destinée à mon arrière grand-père ?

Une surprise de 1912 !
Une surprise de 1912 !

Et bien, ce qu'elle raconte, qui m'a paru simple à transcrire vu qu'elle est assez lisible. Et déjà j'y lis un indice :

La demande : le prix des liqueurs par degré

Pas de doute possible, mon agp était négociant en vins et spiritueux à Seclin.

Transcription de la correspondance : 

Monsieur,

Veuillez m'envoyer, le prix des liqueurs, par degré.

*Recevant de suite, s’il vous plaît.

Hugot Delannoy
Wahagnies, le 1 mars 1912

🌿 Quelques notes de contexte

  • La demande de prix des liqueurs par degré correspond exactement aux pratiques commerciales de l’époque : les tarifs étaient souvent établis selon le degré d’alcool (28°, 40°, 45°, etc.).

  • La formule « Recevant de suite » est une tournure polie signifiant « en attendant votre réponse rapide ». Personnellement, je lisais "réponse de suite"

  • L’écriture du nom Hugot Delannoy est typique des signatures locales du Nord.

*analyse de l'IA à qui j'ai demandé confirmation de la transcription..

Bon, on pourrait conclure ainsi : C’est un retour à la source. Un objet qui retrouve sa maison. Et puis voila !

Mais je n'ai pas envie d'en rester là ! Envie d'en savoir plus !

Sur le coup, je regrette la qualité de l'image de la carte postale. J'aimerais lire le nom de l'enseigne..

Je demande à Frédérick s'il peut me l'envoyer  meilleure qualité afin de permettre une meilleure observation de la "boutique" qui figure..

Hélas il ne l'a pas, mais va demander à voir l'originale et la scanner dans une meilleure résolution..

Je décide donc de partir en quête de cette carte, qui ne doit pas être unique, ou d'autres cartes postales de Wahagnies, sur le net.. 

C'est là que je tombe, sur un article de la Voix du Nord qui parle d'un "établissement" de Wahagnies..

Ma curiosité l'emporte..

En lisant l'article, quelque chose m'intrigue.. Il me semble que le "Derby", n'est pas l'établissement de la famille Hugot-Delannoy.. Je ne comprends plus..

Il y a un truc, là.. Et j'ai trouvé la réponse ! Et même la confirmation sur une autre carte postale qu'à trouvée Frédérick..

Mais comme ça risque d'être un peu long, je vous raconterai la suite de mon enquête dans un prochain billet..

 

Il y avait longtemps..

Publié le par Evelyne Guyader-Debrabant

.. que je n'avais pas fait de jolies découvertes sur internet ou sur Facebook...

En faisant mon petit tour, hier, sur la page Facebook "photos anciennes de seclin" (oui, oui, sans majuscules, c'est important.. 😉).. je lisais ceci au-dessus d'un document partagé..

 Tiens, tiens.. qui est donc cette seclinoise expatriée.. Moi ? Peut-être.. Mais je suis bien loin d'être la seule seclinoise expatriée ! 😀

Et pourtant..

Un document.. Une facture des Ets Eeckmann, que j'ai connus.. qui s'appelaient aussi  "Bénédictin" (huile ou vinaigre des Bénédictins), avant de devenir "Bénédicta", "Mayolande".. etc..

Nous vendions le vinaigre et l'huile des Bénédictins, la mayonnaise, etc.. au magasin, bien entendu !

(ci-dessous les photos de notre camion magasin dans les années 60, avec la pub "Bénédictin" sur la galerie.. 😄)

Mon père nous disait avoir vendu au laboratoire de Bénédictin, les premières bouteilles de Pouilly qui allaient leur permettre d'élaborer leur future sauce béarnaise..

Mais il n'y avait pas que ce document.. qui ne me concernait pas directement !

Quelle surprise de voir ces vieilles factures-congé, comme on les appelait à l'époque (est-ce que ça existe encore ?), que je n'avais jamais vues.. et surtout d'y reconnaitre l'écriture de ma grand-mère paternelle, Simonne..

Séquence émotion..🤗

Facture, congé, et facture-congé
Facture, congé, et facture-congé
Facture, congé, et facture-congé

Facture, congé, et facture-congé

La première facture et les congés datent de 1952, Pierre Debrabant était toujours là.. Il est décédé en avril 1958. Sur la seconde facture, datant d'Octobre 1958, l'affaire est sur le point d'être reprise par mon père André, et mon oncle (qui ne restera pas mais reviendra à la fin des années 60)..

Et pour se replonger dans ces années là..